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LES SDF INDESIABLES A MEAUX

Le maire de Meaux réclame davantage de sévérité avec la « mendicité agressive » et la police tente de déloger les sans-abri qui dorment sous les ponts.


MEAUX, PONT CORNILLON, SOUS LE SQUARE CECCALDI, lundi vers 17 HEURES. Quatre policiers municipaux et trois policiers nationaux sont venus contrôler les papiers de SDF installés sous le pont. Ils ont essayé de les faire partir, mais la tentative a finalement été abandonnée. (lp/arnaud journois.)


«Un flash-ball sorti de la ceinture, pour l’intimidation. Puis rangé aussitôt à la vue des journalistes. Lundi, en fin de journée, quatre policiers municipaux ont débarqué à l’ancienne écluse, sous le pont de la rue Cornillon à Meaux. Leur mission : faire partir les SDF qui dorment sur des matelas, dans ce lieu isolé des regards, en surplomb de l’écluse. Les sans-abri ont déjà été délogés du pont Foch avant la Fête de l’eau des 25 et 26 juin. « Copé veut se débarrasser de nous, c’est devenu la chasse aux SDF », lance Faboo, 31 ans, dont « quatorze ans de bitume ». Ce grand gaillard à l’allure de Viking, à Meaux depuis quatre ans, n’a pas vraiment envie de « jouer à cache-cache » avec la police. Lundi soir, aux côtés des quatre policiers municipaux, trois policiers nationaux ont effectué un contrôle d’identité. « Il va falloir partir d’ici », leur explique un agent. « Mais pourquoi? » s’enquièrent les SDF. « Je n’ai pas de réponse à vos questions », répond, désemparé, le policier du commissariat.


Ils seraient quarante-cinq en centre-ville et à Beauval Cette tentative, finalement abandonnée, découle directement de la volonté du maire. Au dernier conseil municipal, Jean-François Copé s’est emporté contre la « recrudescence » de SDF à Meaux : « Je suis inquiet. Ils ont une mendicité agressive, j’ai de plus en plus de plaintes d’habitants et de commerçants. Je demande à la police dès à présent de faire appliquer à la lettre tous les arrêtés municipaux et d’intervenir à chaque comportement agressif. » Une recrudescence constatée à Meaux depuis plus d’un an, avec environ quarante-cinq sans-abri en centre-ville et à Beauval. Le commissaire Philippe Tireloque confirme que ses hommes verbalisent « les ivresses publiques manifestes, les tapages diurnes et nocturnes ». Les sans-abri ont été expulsés en décembre de leur squat d’une école, vide depuis plusieurs années. Et depuis le printemps, l’association la Rose des vents a dû fermer son accueil de jour pour sans-abri à 13h30, au lieu de 16 heures l’été dernier, à la suite d’une baisse de subventions d’Etat. Les policiers orientaient lundi soir les SDF vers la maison des solidarités du conseil général pour trouver un toit. Sauf que ce n’est pas le département mais l’Etat qui finance l’hébergement d’urgence et que les crédits ont donc baissé de 10% à 12% par rapport à 2010, selon les associations. Vincent Eblé, président PS du conseil général, a envoyé hier une lettre au préfet pour s’indigner de la « multiplication de personnes seules, mais aussi de familles entières à la rue ». »

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